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Montpellier, métropole sous influences

Publié le 04 juin 2011 par Gabriel Siméon | Voyage  
A mi-chemin entre les Alpes et les Pyrénées, et à quelques kilomètres à peine de la Méditerranée, Montpellier a la particularité de rassembler toutes les cultures du sud, de Nice à Biarritz. Ville cosmopolite, enviée pour son climat et sa qualité de vie, Montpeul, pour les intimes, a su se tailler une image jeune et dynamique, variant tellement les styles qu’elle en est devenue peu évidente à cerner. Voici donc quelques conseils pour s’y retrouver dans cette ville aux multiples facettes.
La Comédie : the place to be

C’est l’endroit où tout le monde converge, le poumon de la ville. Aussi surnommée l’oeuf pour sa forme ovale, la place de la Comédie est le lieu incontournable de Montpellier. Ce gigantesque espace libre, toujours ensoleillé, et qui accueille de nombreuses manifestations, est l’endroit idéal pour voir et être vu, attablé en terrasse de l’un des nombreux cafés que compte la place. C’est sans doute ici que l’on ressent le mieux l’atmosphère si particulière de la ville. Les artistes de rues viennent y jouer, et l’on s’y donne rendez-vous devant la fontaine des Trois-Grâces, entre la rue de la Loge et l’arrêt de tramway qui, depuis 2000, s’est bien intégré à la morphologie de la place. Les immeubles environnants ne sont pas sans rappeler le style parisien – le plus bel exemple est sans doute le cinéma Gaumont. On en vient presque à se demander si Montpellier a encore quelque chose de provincial.


Melting pot culturel

Ici et là on parle le français avec l’accent parisien, africain, ou européen. Avec deux habitants sur trois nés hors du département, et près d’un sur quatre né hors de France métropolitaine, Montpellier est une ville internationale sous multiples influences. Le meilleur exemple est sans doute le quartier de la Paillade (rebaptisé Mosson) et ses marchés méditerranéens, où le brassage culturel fait partie intégrante du folklore du quartier. Conséquence de cette diversité et de ce dynamisme, une scène culturelle aussi variée que bouillonante. À côté des nombreux festivals de danse, théâtre et musique, la population est particulièrement fière de son musée Fabre, l’un des rares musées de province qui arrive à rivaliser avec ses homologues parisiens. Dans un décors fraîchement rénové, une salle est même dédié à Soulages, le peintre du noir, qui a fait don de plusieurs de ses toiles. De l’autre côté de l’Esplanade – il faut le remarquer – le pavillon populaire propose au grand public et en entrée libre des expos photos, souvent de bonne qualité, toujours intéressantes. Les Montpelliérains ont l’habitude d’y aller entre deux courses, entre midi et deux ou en fin de journée après le travail.


Contempler Montpellier à 360° au dessus des toits


Au nord de la Comédie se situe l’Esplanade Charles-de-Gaulle, vaste allée de platane que tout le monde fini par appeler „l’Esplanade“. Cette promenade avec bassins, jets d’eau et aires de jeux est bordée à l’est par un kiosque, au pied duquel viennent s’affronter quelques amateurs d’échec Juste derrière se trouve le jardin du Champ de Mars et son étang, squatté par les étudiants du lycée Joffre dès les premiers signes du printemps. Le lycée a d’ailleurs la particularité d’avoir été aménagé dans une ancienne citadelle du XVIe siècle. Au nord de l’Esplanade se situe le Corum, gigantesque complexe accueillant l’Opéra Berlioz ainsi que le centre des congrès, qui fait de la ville une destination très prisée en Méditerranée dans le domaine du tourisme d’affaire. Il est possible de monter sur son toit, par l’un des escaliers situés de part et d’autre de la baie vitrée qui fait face à l’Esplanade. Au fil des lignes des deux tramways qui serpentent en contrebas, l’un bleu orné d’oiseaux blancs, l’autre multicolore façon flower-power, se dévoile une vue sensationnelle à 360° sur toute la ville.


Un passé très présent

Ville jeune et pourtant culturellement riche, son centre ville se confond avec le centre historique, appelé Écusson en raison de sa forme en écu, et délimité par une série de boulevards qui suivent les anciennes murailles de la ville. À l’entrée sud-ouest se trouve l’un des derniers vestiges de ces remparts, la tour de la Babote, qui fut pendant longtemps un observatoire astronomique. Montpellier abrite également la plus ancienne faculté de médecine d’Europe – les natifs n’hésitent pas à dire „du monde“ – dont les parties intéressantes ne sont accessibles qu’en suivant les visites guidées. Des personnages aussi célèbres que Nostradamus ou Rabelais y ont étudié, contribuant à faire de cette école l’une des plus prisée de France encore aujourd’hui. Directement accolée à sa façade se trouve la cathédrale Saint-Pierre, qui étonne par son aspect de forteresse matérialisé par ses deux tours rondes qui en gardent l’entrée. Une contradiction de plus qui passe presque inaperçue parmi le foisonnement de styles architecturaux qu’abrite la ville.


Montpellier la provinciale

Si elle se modernise à vitesse grand V, cela n’empêche pas la ville d’avant, la Montpellier du sud telle qu’on se plaît à l’imaginer, de continuer à exister au beau milieu de cette population mondialisée. Il suffit d’aller dans l’Écusson pour que ruelles pavées et placettes ombragées abritant nombre de boutiques, bars et restaurants, vous rappellent la situation géographique de Montpellier : plein sud ! Certes, la fièvre démographique ne faiblit pas et la ville se questionne de plus en plus souvent sur son identité, allant jusqu’à lancer un concours pour s’inventer une spécialité gastronomique, mais elle n’a pas perdu son âme méditerranéenne. En attendant de déguster la future „clapassade“, dont personne ne connaît encore les ingrédients, un détour s’impose par la rue de l’Aiguillerie et ses boutiques farfelues, ainsi que par la place Saint-Ravy et sa charmante fontaine qui offre un cadre intimiste. Place Jean Jaures, étudiants branchés et joueurs professionnels de l’équipe de handball – Montpellier est une ville très sportive – se mélangent dans les nombreux bars environnants.


À l’est, toujours du nouveau

Si Montpellier a littéralement changé de visage en 30 ans, c’est grâce à son ancien maire Georges Frêche, personnage aussi visionnaire qu’excentrique, qui n’a pas eu peur de voir les choses en grand. Sur des anciens terrains détenus en partie par l’Église et l’armée, l’architecte Ricardo Bofill a pu laisser libre court à ses envies de grandeur : Antigone, ce quartier flambant neuf où se côtoient HLM, bureaux et commerces, est un savant mélange de lyrisme et de perfection mathématique. Les statues inspirées de la mythologie grecque et les immenses bâtiments de style néoclassique, tout droit sortis d’un décors de cinéma, ont quelque chose de déconcertant, mais cet ensemble cohérent a fini par être adopté par les riverains, qui commencent même à en faire un lieu privilégié de sortie. Au bout du quartier, sur l’autre rive du fleuve, trône l’Hôtel de région, sorte de réplique moderne de l’arc de triomphe parisien et preuve s’il en est besoin que l’empereur local Georges Frêche, qui a délaissé depuis 2004 la mairie pour la direction de la région Languedoc-Roussillon, entend toujours rester aux commandes de la ville.


Parcourir le plus vieux jardin de France

Tous les Montpelliérains connaissent le jardin des plantes, lieu historique de nature qui a vu passer nombre de savants, d’artistes, et d’amoureux. Parmi la multitude de plantes à découvrir – plus de 2000 espèces – il en est une vraiment remarquable et plutôt rare dans la région : le Ginkgo Biloba. Cet arbre originaire de Chine, et qui a été la première plante à repousser à Hiroshima après le bombardement atomique, est aussi la plus ancienne des espèces arboricoles existantes. Celui de Montpellier a la particularité d’être auto-fertile depuis qu’on lui a greffé des branches femelles sur son tronc mâle. Un autre arbre qui fait parler de lui, c’est le Phillyrea. Avec son tronc crevassé, il abrite en son sein de nombreuses cavités où les visiteurs ont pour coutume de glisser un papier avec leurs vœux. Peu importe la langue dans lequel le souhait est écrit, cet arbre magique les comprend toutes. A deux pas, la bambouseraie vient s’ajouter à la liste des fantaisies que compte ce jardin.


Les mille et une vies nocturnes

Les noctambules viennent de toutes les régions environnantes pour y faire la fête. Avec ses quelques 70 000 étudiants, Montpellier est une ville jeune où les bars ne désemplissent pas. Les amateurs de bière se donnent rendez-vous au Charlie’s Beer, véritable institution qui n’a pas perdu son âme contrairement à ce qu’en disent certains habitués depuis l’interdiction de fumer dans les bars. Pour une ambiance plus lounge quoique parfois déjantée, le Circus est une bonne adresse en centre ville, zone de départ de la vie nocturne. Passé 1h, on ne rentre hélas plus dans la plupart des bars. Mais la fête se déplace ailleurs, comme au Rockstore, le temple du rock montpelliérain, avec ses trois bars, sa salle électro et sa scène de concert. Sa façade percutée par une Cadillac se veut une référence au précédent locataire des lieux, un garage automobile. Les plus fêtards empruntent le chemin des plages pour aller danser jusqu’au petit matin à La Dune ou à la Villa Rouge, club gay à dominante électro où la clientèle hétéro vient également vibrer à l’unisson sur le dancefloor.


Entre ombre et lumière, d’étonnantes surprises

Le centre ville recèle des trésors d’architecture qui échappent souvent aux yeux des passants, notamment des façades d’anciens hôtels particuliers du XVIIe et du XVIIIe siècles. Ces maisons de ville, accueillant pour certaines des annexes des pouvoirs publics, cachent des cours intérieures lumineuses et fraîches, avec parfois des escaliers majestueux et des salles incarnant des nids d’opulence d’une époque révolue. Le mieux est de suivre l’une des visites guidées de l’office de tourisme consacrées spécialement à ces hôtels, hélas peu fréquentes. Pas de panique, il est quand même possible de rentrer sans guide dans la plupart des cours, de préférence la journée et en semaine. Parmi elles, un détour s’impose par celle de l’hôtel de Varennes (2 place Pétrarque), de l’hôtel de Mirman (7 place du Marché-aux-Fleurs) ainsi que des hôtels Cambacérès, de Belleval et de Sarret tout autour de la place de la Canourgue. En juin, le Festival des architectures vives investit certaines d’entre elles et leurs confère une atmosphère toute particulière.


L'appel de la mer

Au fur et à mesure que les nouveaux quartiers sortent de terre, Montpellier se rapproche irrésistiblement de la mer. Il n’existe pas encore de ligne de tram menant directement aux plages, mais un prolongement de la future ligne 3 – mise en service prévue en 2012 – est à l’étude. En voiture, se garer le long des plages peut parfois relever du parcours du combattant, le mieux reste donc d’emprunter les bus qui desservent régulièrement les plages au départ de Montpellier. Les plus sportifs partiront le matin en vélo en empruntant l’unique piste cyclable, au départ de Port Marianne et hélas pas toujours très bien aménagée, pour rejoindre la ville de Carnon (à environ 12 km). Une fois sur place, d’autres itinéraires relient les villages côtiers. À l’ouest, l’authentique station balnéaire de Palavas-les-Flots est la destination branchée, très animée le soir. Pour être plus au calme, préférez Carnon et ses plages du Petit Travers et du Grand Travers, davantage prisées par les Montpelliérains. Surtout tenez vous loin de la Grande-Motte, littéralement prise d'assaut par les touristes dès les premiers signes d'été, et archétype de la destruction d'un littoral par le béton.


Gabriel Siméon
Photos : J. Claudel, M. Fantozzi, T. Lefevre, S. Siméon

Article publié en mai 2010 dans Frankreich erleben
n°27



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L'auteur : Gabriel Siméon


Gabriel Siméon Mes articles

Formation : Diplômé de Sciences Po Aix-en-Provence et du master 2 "Journalisme politique à l'international"

Participation à : Libération, Science & Vie, 01net (mag), Metronews, Les Inrockuptibles, L'Express, L'Expansion, L'Humanité-Dimanche, La Gazette des communes, Neon, Grazia, Atlantico, L'Usine nouvelle, La Provence, Le Dauphiné libéré, L'Eco, Technikart, Vice, Gonzaï, The Ground, La Gazette Drouot, Industrie & technologies, Maxisciences, Frankreich erleben, TV7 Provence, France Bleu Vaucluse

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