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Dans quel pays vaut-il mieux être chômeur ?

Publié le 24 avril 2013 par Gabriel Siméon | Société  
Depuis avril 2011, le nombre de chômeurs a augmenté de façon ininterrompue en France. Plus de 10 % de la population active est sans emploi. Vaut-il mieux être un chômeur français, allemand ou américain ? Comparaison des 3 systèmes.


Les faits :
en France, l'assurance chômage estime qu'il y aura 179 000 chômeurs de plus en 2013.

Quelles aides et pour quels montants ?


En France, un salarié involontairement privé de son travail peut bénéficier de l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE). Celle-ci est calculée à partir des primes et des salaires perçus sur les douze mois précédents le dernier jour travaillé. L'indemnisation s'élève à 57,4% du salaire brut moyen ou 40,4% auxquels s'ajoute une partie fixe de 347 euros, selon ce qui est le plus avantageux, avec un minimum fixé à 841 euros par mois et un plafond à 6864 euros. Monsieur Martin, chômeur de moins de 50 ans, sans enfant, licencié après deux ans à temps plein où il gagnait 1400 euros brut mensuels, touchera chaque mois 885 euros (si l'on retient ce qu'il est tenu de cotiser pour sa retraite) et ce pendant deux ans.

En Allemagne, les chômeurs peuvent demander l'Arbeitslosengeld I, qui dépend des revenus antérieurs et du nombre d'enfants à charge. Soit 67% du salaire net avec enfant et 60% sans, avec un plafond à 1940 euros par mois en ex Allemagne de l'Est et 2215 euros à l'Ouest. M. Martin pourra donc obtenir environ 600 euros chaque mois.

Aux Etats-Unis, les aides aux demandeurs d'emplois varient selon les Etats, et se basent en général sur les revenus des 52 dernières semaines. Au Texas, M. Martin aura droit à 223 dollars par semaine (environ 722 euros/mois), et dans l'Etat de New-York à 285 dollars/semaine (921 euros/mois, plus qu'en France et en Allemagne), avec un plafond à 405 dollars par semaine.

À quelles conditions en bénéficie-t-on ?

Les chômeurs résidant en France doivent avoir été privés involontairement de leur dernier emploi, avoir cotisé, rechercher activement un nouveau travail et avoir travaillé au minimum 122 jours au cours des 28 derniers mois (36 pour les plus de 50 ans). C'est sur ce dernier point que la loi diffère en Allemagne et aux Etats-Unis : les Allemands doivent avoir travaillé au moins un an au cours des deux dernières années, les Américains 8 mois sur les 20 derniers.

Le versement de l'allocation française est renouvelé chaque mois en fonction des démarches de recherche d'emploi, mais dans les deux autres pays la règle est plus stricte : l'aide prend fin quand le bénéficiaire décline une offre correspondant à ses critères proposée par l'agence pour l'emploi. Dans l'Etat de New-York, si le chômeur a fait grève dans son ancienne entreprise, il doit même attendre 49 jours avant de toucher les allocations.

Sur quelle période ?

La durée d'indemnisation correspond, en France, à la durée de travail sur les dernières années. Elle ne peut excéder deux ans pour les moins de 50 ans, trois ans au-delà. Outre-Rhin, les aides s'étalent jusqu'à un an pour les moins de 50 ans, deux ans pour les plus âgés, tandis qu'aux Etats-Unis, la durée n'excède pas six mois dans la majorité des Etats.

Et après ?

Lorsque son assurance chômage arrive à terme ou qu'il n'y a pas eu droit, le chômeur peut demander, en France, l'allocation de solidarité spécifique (ASS). Elle s'élève à 469 euros/mois pour une personne seule dont les ressources mensuelles sont inférieures à 625 euros, moins au-delà, et ce pour une période de six mois renouvelable. Même principe en Allemagne avec l'Arbeitslosengeld II, une indemnité fixe de 374 euros auxquels s'ajoutent 219 à 299 euros par enfant à charge, selon son âge, et des aides au logement et au chauffage. Aux Etats-Unis, l'allocation peut être prolongée de 13 à 20 semaines selon les Etats et lorsque le taux de chômage y est exceptionnellement élevé. Il existe aussi des aides à la création d'entreprise et à la reprise d'emploi.

Qui gagne ?
- Le chômeur new-yorkais dont l'ancien salaire allait jusqu'à 3328 dollars brut par mois (2500 euros).
- Le chômeur français dont l'ancien salaire dépassait les 2500 euros brut par mois.
Qui perd ?
- Le chômeur allemand et américain qui a peu travaillé au cours des derniers mois ou qui a décliné une offre d'emploi correspondant à ses critères de recherche.
- Le chômeur américain, qui ne sera indemnisé que pendant six mois dans la majorité des Etats.



Gabriel Siméon

Article publié dans l'Eco le 19 avril 2013
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L'auteur : Gabriel Siméon


Gabriel Siméon Mes articles

Formation : Diplômé de Sciences Po Aix-en-Provence et du master 2 "Journalisme politique à l'international"

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