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Transhumanistes : qui sont-ils et comment veulent-ils nous "augmenter" ?

Publié le 11 janvier 2015 par Gabriel Siméon | Sciences & technos  
Ces partisans de l'amélioration de l'Homme par la technologie rêvent d'augmenter nos capacités cérébrales et de prolonger notre durée de vie. Voilà comment ils comptent y parvenir.

                                                                                                            © Dan Wilton/The Red Bulletin

Les partisans français du mouvement transhumaniste s'affichaient pour la première fois au grand jour en novembre à l'occasion du colloque Transvision organisé à Paris par l'Association française transhumaniste (AFT-Technoprog). Qui sont-ils, que défendent-ils et comment comptent-ils y parvenir ?

Qu'est ce que le transhumanisme ?
C'est un courant de pensée se positionnant en faveur d'une "amélioration" de l'être humain par les technologies. Il a commencé à se structurer au début des années 1980 et soutient aujourd'hui toutes les avancées et les recherches s'intéressant à la lutte contre les maladies et le vieillissement, la "réparation" du corps humain, l'amélioration des capacités physiques et mentales ou la conquête spatiale.

Les transhumanistes considèrent par exemple le vieillissement comme une maladie qui peut être vaincue. Laurent Alexandre, fondateur de Doctissimo.fr et président de la société belge DNA Vision, y voit une "déification de la technologie". "L'évolution de l'humain n'a aucune raison d'être terminée", défend Marc Roux, président de l'AFT-Technoprog, joint par metronews. "On commence à peine à se rendre compte que nous sommes arrivés à une telle maitrise technique et à un tel savoir biologique que nous pouvons désormais choisir d'orienter notre évolution".

Qui sont les transhumanistes ?
Aux Etats-Unis et en particulier dans la Silicon Valley, poumon de l'industrie technologique, les transhumanistes s'affichent au grand jour. Ils travaillent pour les géants du Net comme Google ou Facebook, enseignent dans des universités ou financent des instituts de recherche spécialisés. Pour eux, l'immortalité, la colonisation de l'espace ou le développement de notre intelligence peuvent être atteints grâce à la technologie. Certains voient même dans l'"augmentation" de l'homme un marché sur lequel se positionner.

Le courant transhumaniste américain est davantage libéral et centré sur l'individu. Leur idéologie est marqué "par une emphase sensationnaliste, qui aura contribué à leur écho planétaire et à leur affecter ici ou là une forme de crédit", écrit le philosophe Eric Sadin dans L'humanité augmentée (L'échappée, 2013).

En France, les transhumanistes se font plus discrets. Ils sont artistes, scientifiques, philosophes ou entrepreneurs et se disent "techno-progressistes", se référant aux notions de progrès et d'humanisme. Leur nombre est difficile à estimer, mais les purs et durs seraient "entre 40 et 400", selon Marc Roux : "J'ai tendance à comparer ce mouvement à l'écologisme, car c'est quelque chose de complètement transversal aux problèmes de la société".

Quelles avancées technologiques soutiennent-ils ?

Elles sont généralement regroupées sous le sigle NBIC : nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives. "La convergence technologique entre ces domaines clés rend déjà possible les perspectives transhumanistes", s'enthousiasme Marc Roux.

La démocratisation – en marche – du séquençage ADN permettra par exemple à chacun de dépister beaucoup plus tôt certaines maladies. La recherche sur les cellules souches de repousser les limites biologiques de la vie. La biologie de synthèse de créer des composants pouvant agir positivement sur l'homme ou son environnement. La fondation américaine Alcor Life Extension propose déjà aux plus fortunés de recueillir leurs corps à leur décès et de les conserver à - 196°C en vue de les "ressusciter" si la technologie le permet un jour.

La miniaturisation des composants électroniques autorise de son côté le développement de l'informatique et des moyens de communications. Les progrès en robotique la mise au point de prothèses motorisées connectées à notre système nerveux voire à notre cerveau. Le projet Human brain project (financé par l'Union européenne) ou Connectome (aux Etats-Unis) visent quant à eux à modéliser par informatique le fonctionnement du cerveau. "On peut fantasmer sur ce qu'on veut, se dire qu'on parviendra à améliorer notre créativité ou les performances de notre cerveau", explique Marc Roux. Ou craindre qu'on nous y implante des puces pour nous surveiller.

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Gabriel Siméon

Article initialement publié le 20 novembre 2014 sur metronews.fr

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L'auteur : Gabriel Siméon


Gabriel Siméon Mes articles

Formation : Diplômé de Sciences Po Aix-en-Provence et du master 2 "Journalisme politique à l'international"

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