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Electro + Swing = Caravan Palace

Publié le 06 juin 2011 par Camille Larbey | Culture  
En ces temps de crise, danser reste l’une des meilleures valeurs refuges. Ca tombe bien car Caravan Palace et son électro-swing débarquent à Berlin le 1er novembre. Electro-swing ? Peut-on mélanger les torchons avec les serviettes ? Assurément comme le démontre le groupe Caravan Palace sur son album éponyme. Des envolées de guitares dignes d’un Django Reinhardt sous acides, un scat endiablé, un violon et une clarinette sauvages, le tout sur des gros beats électro, telle est la recette pour enflammer les salles. Pour ceux qui ont raté leur concert à Berlin cet été, séance de rattrapage le 1er novembre au Maria am Ostbahnhof. Hugues Payen, violoniste, chanteur et programmateur au sein de Caravan Palace, répond à nos questions.
Pour ceux qui ne vous connaissent pas (encore) comment est né le projet Caravan Palace ?

Le projet Caravan Palace est né il à 4 ans et demi maintenant, dans une cave parisienne où Charles, le contrebassiste, faisait de la musique, parfois en notre compagnie avec Arnaud et moi même, parfois tout seul. Il jouait avec nous dans un groupe de jazz manouche pendant que chacun avait de son coté des petits projets électro. Et puis un jour il y a eu l’occasion de faire le mélange des deux. On a fait un premier morceau qui était assez basique et qui finalement avait déjà le fond, faute d’avoir la forme. Ca nous a donné envie de continuer et voilà !

Pourquoi avoir choisi le nom de « Caravan Palace » ?


A la base c’était un peu une dérision, après ça a pris du sens si l’on ôte le coté proverbe, jeu de mot etc.. Mais en définitive on l’a un peu trouvé par dépit. Au départ, il fallait trouver un nom, on est tombé dessus par hasard et c’était plutôt pas mal : ça colle bien, le coté « caravane » allié au coté « palace » donne un mélange assez inhabituel.

Peut-on espérer que le projet dure ?


On va tout faire pour ! On en voit pas la fin au sens qu’on va faire en sorte que ça dure le plus longtemps possible et qu’on ait toujours des choses à travailler dans ce style-là. Après, il est vrai qu’il est toujours difficile de rester dans un cadre aussi précis que celui-là et réussir à se renouveler tout le temps. Pour l’instant on n'a pas encore ce problème, espérons qu’il vienne le plus tard possible. "On s’attendait à arriver dans des salles vides, en fait, c’était plein tous les soirs".

Le succès en France est désormais confirmé (disque de Platine soit plus de 100.000 albums vendus), comment se passe l’exportation de l’album ?


Ca fait un petit moment déjà qu’on fait des concerts à l’étranger, on à déjà commencé dès l’été dernier lors de la sortie de l’album. En général l’accueil est plutôt bon, surtout en Allemagne où l’on a fait une petite tournée de 5 jours au mois de mai. Ca c’est extrêmement bien passé car on s’attendait à arriver dans des salles vides, en fait c’était plein tous les soirs, les gens étaient contents de nous voir et ça nous a donné envie de revenir le plus vite possible... et là c’est possible, enfin ! Souvent l’accueil se passe bien. Je pense que c’est dû au coté un peu frenchy du projet. En même temps c’est international : tout le monde comprend les 2 mots « Caravan Palace » et peut facilement y mettre une image. Ensuite, on ne chante pas en français, on ne fait pas de chanson française donc c’est plus facile à exporter que Dominique A. ou Bénabar.

C’est donc votre deuxième venue à Berlin, vous savez parler allemand ?


On s’amuse avec Sonia (la chanteuse, Ndlr) à se parler allemand lors des concerts en Allemagne. C’est assez drôle sachant qu’on a très très peu de vocabulaire, ça donne des trucs un peu bizarres avec des tournures pas très allemande. Mais bon, finalement on arrive à se comprendre entre Français (rires). On est les seuls à parler allemand dans le groupe donc c’est un peu frustrant. Hugues Payen: violoniste, chanteur et l'un des trois compositeurs de Caravan Palace.

Votre musique repose sur un parfait équilibre entre swing et électro. N’y a-t-il pas des moments où l’un cherche à prendre le dessus sur l’autre ?


En permanence. C’est toujours le souci de ce genre de crossover, il faut toujours faire attention à ce qu’il n’y ait pas de préférence. Après on a mis bien trois ans et demi avant de se trouver un équilibre à peu près satisfaisant. Mais il a fallu que l’album soit en mixage et qu’une tierce personne mette son nez dedans pour vraiment tout rééquilibrer car on avait rajouté énormément de choses, c’était extrêmement chargé. Il fallait faire un tri que nous n’étions plus capable de faire car on avait les morceaux dans les oreilles depuis plus de 3 ans... C’était dur à trouver mais je pense qu’on a trouvé un équilibre qui est ce qu’il est, parfois au détriment de certaines choses. On essayera de régler ça dans le second album. En tout cas je pense que, sur la longueur de l’album, on a ni privilégié le swing, ni privilégié l’électro. Evidemment, sur chaque morceau, c’est plus discutable mais sur l’ensemble de l’album je pense que l’équilibre est assez bon.

On vous compare souvent et parfois à tort avec Gothan Project ou Saint Germain, mais est-ce que ce n’est finalement pas dans les locomotives électro française (Daft Punk, Justice, Birdy Nam Nam) qu’on peut trouver une ascendance, grâce à la capacité de Caravan Palace à mobiliser et faire danser les foules?

 Oui, la différence essentielle entre Saint Germain, Gothan et puis nous même c’est que nous avons plus axé le crossover sur l’aspect dansant qui est inhérent à ce type de musique là, c’est à dire la musique électronique et le swing. Effectivement il faut donc plus chercher du coté de cette scène française là (Justice, Daft Punk, Birdy Nam Nam) dont en plus nous nous revendiquons clairement. On a trouvé avec tout ces gens là une certaine décomplexion par rapport au son. On s’est dit « pourquoi pas ? » : quitte à faire de la musique électronique, autant aller jusqu’au bout, varier jusqu’au bout ces deux styles, quitte à ce que ce soit un petit peu aventureux parfois.

Le deuxième album est prévu pour bientôt ?


Bientôt ? Non, c’est beaucoup dire. Le premier n’ayant qu’un an on va essayer de prendre le temps pour composer le deuxième. Ce sera donc vers milieux 2010 et à priori ça devrait sortir début 2011 si tout se passe bien et si on en a le temps. C’est un peu le problème de tourner à l’étranger : parfois on peut être surpris par l’impact que ça peut avoir et être pris de court sur le timing qu’on s’était donné à la base pour sortir le deuxième album. Mais je pense que début 2011 on devrait pouvoir avoir quelque chose dans ce style-là. A suivre...


Propos recueillis par Camille Larbey
Article publié dans La Gazette de Berlin, le 01/10/09
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L'auteur : Camille Larbey


Camille Larbey Mes articles

Formation : Master d'Histoire, spécialisé dans le Cinéma allemand.

Participation à : Le Parisien, Metronews, Rue89, Technikart, L'Expansion, La Gazette Drouot, So Film, Le Nouvel Obs, Détours, The Drone, Gonzaï, StreetPress, Bien-dire, Vice, Vocable, Social Media Club, Ithaac, Longueur d'Ondes, La Gazette de Berlin, Écoute, World Photo Report, Rockcover, Evous.fr, Smart.

Berlin, mise en scène. publié chez Espaces & Signes.


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