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"Phoenixomania" : rencontre avec le quatuor pop-rock inclassable.

Publié le 04 juin 2011 par Camille Larbey | 
Leur tournée mondiale est un succès : ils jouent partout à guichets fermés. Le 21 novembre, à Berlin, pas d’exception, c’est face à une salle comble que le groupe s’est produit. Avant de se mêler aux « Phoenix-tériques », La Gazette de Berlin a rencontré les petits frenchies, Deck d’Arcy, bassiste et Laurent Brancowitz, guitariste, juste avant qu’ils montent sur scène. Pour tous ceux qui les soupçonnent d’être trop proprets sur scène, y a pas à dire « it rocks ! »
L’envol du Phoenix

Tête de file de la French Touch 1.0, Phoenix fait parti de ces rares groupes français qui ont toujours su s’exporter à l’étranger, à l’instar de Air, Laurent Garnier et autre Daft Punk. Difficile à étiqueter, leur style musical varie au grès des albums. Surfant avec brio sur les tendances, ils ont alterné indie-rock, hip-hop, electro, indietronic, le tout orchestré pour toujours faire danser les foules. Le groupe a toujours pu compter sur ses fans. Cependant, en dix ans d’existence, les critiques n’ont pas toujours été tendres avec eux. Mais « Wolfgang Amadeus Phoenix », sorti en mai 2009, a réconcilié les détracteurs avec leur musique. Les Phoenix sont enfin prophètes dans son pays alors qu’ils cartonnaient surtout à l’étranger. « Depuis le début on tourne partout dans le monde, mais en France, c’est un peu nouveau. Nous, à l’époque, on s’estimait déjà heureux. Et puis, on progresse pas à pas », explique Laurent Brancowitz. Outre-Atlantique, leur succès est indéniable, ils sont le premier groupe français à s’être produit sur le plateau de la célèbre émission « Saturday Night Live ». C’est la consécration. On s’interroge, la prochaine étape serait-elle un concert au pied de la Tour Eiffel. « Non, il y a pleins d’étapes avant. L’Arc de Triomphe, il est plus petit », plaisante Deck D’Arcy.

Un amour de Berlin

Pour Phoenix, Berlin n’est synonyme de terra incognita. En 2006, c’est dans la capitale allemande qu’ils ont enregistré leur album « It’s never been like that ». Laurent Brocowitz aime y retrouver quelque chose d’unique, de magique : « l’Afri-Cola. Généralement les faux cocas sont minables mais pas celui là. Il est plein de rêves. Il est très poétique : un exotisme allemand très seventies. Miami vu pas l’Allemagne de l’est ». Plus sérieusement, Berlin n’est pas une ville neutre. Ils s’expliquent : « ici, les codes sont inversés, ce qui devrait être beau ne l’est pas et vice-versa. C’est unique en son genre. On a l’impression qu’à Berlin, tout est possible ». Ils aiment l’Allemagne et elle le leur rend bien. Neuf dates événements ont été programmées, car ici le public est toujours au rendez-vous. Deck d’Arcy se souvient « le public allemand était là, même quand on était petit et faible. C’était notre meilleur public à l’époque ». D’ailleurs, en ce 21 novembre, les premiers accords de « Lisztomania » auront suffit à électriser la salle. La fusion entre Phoenix et ses fans est totale. Après s’être autorisé quelques bains de foule, le chanteur du groupe, Thomas Mars, a invité une partie de la salle à monter sur scène pour un final grandiose.

2009, un grand cru pour Phoenix


Les compositions de « Wolfgang Amadeus Phoenix » relèvent du grand art. On retrouve la sophistication de leur premier album, « United » : un son propre mais irrésistible. Le retour de Philippe Zdar au mixage n’y est sans doute pas étranger. Mais c’est surtout une histoire d’état d’esprit. Deck d’Arcy commente : « ce n’est pas tant aux niveaux des arrangements que l’on peut parler d’un retour aux sources, mais plus dans l’approche des compositions. Comme pour le premier album, on s’est penché sur les détails ». La preuve en musique. « Love like a sunset », titre instrumental est un peu le making-of de l’album puisque composé pas à pas, tout au long de la réalisation de « Wolfgang Amadeus Phoenix ». Le concert berlinois a été à l’image de leur dernier opus. Phoenix déploie un énergie jusque là insoupçonnable. Groupies hystériques dans la fosse, l’intégralité du set repris en chœur par le public, la salle elle-même vibrait aux notes de « If I have a feel better » : c’est indéniable, Phoenix est désormais une valeur sûre du rock. A propos de leur succès, Laurent Brancowitz relativise : « on a de la chance en ce moment, on sait que ça ne va pas durer. Bientôt, les gens vont nous haïr et nous mépriser ». En ce qui nous concerne, on préfère être plus optimiste : la « Phoenixomania » ne fait que commencer.

 Mathilde Frézouls & Camille Larbey
Article publié dans La Gazette de Berlin, 23/11/09
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L'auteur : Camille Larbey


Camille Larbey Mes articles

Formation : Master d'Histoire, spécialisé dans le Cinéma allemand.

Participation à : Le Parisien, Metronews, Rue89, Technikart, L'Expansion, La Gazette Drouot, So Film, Le Nouvel Obs, Détours, The Drone, Gonzaï, StreetPress, Bien-dire, Vice, Social Media Club, Ithaac, Longueur d'Ondes, La Gazette de Berlin, Écoute, World Photo Report, Rockcover, Evous.fr, Smart.

Berlin, mise en scène. publié chez Espaces & Signes.


Médias : Presse écrite, WEB.

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