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Aude de Thuin : "Les Français ont une capacité à se faire mal qui est terriblement sournoise"

Publié le 06 mars 2015 par Luc Allain | Economie & entreprises  Politique  Société  
Entrepreneuse et féministe engagée, Aude de Thuin est à l’origine de nombreux forums-expositions, dont le célèbre Women’s Forum ou plus récemment Osons la France. Elle revient sur son parcours et livre ses réflexions sur le scepticisme français, l’expatriation mais aussi la situation des femmes dans le monde après une année 2014 particulièrement marquante.


lepetitjournal.com : Comment s’est déroulée cette première édition du forum-exposition "Osons la France" ?

Aude de Thuin : Cette première édition a été complexe à monter parce que nous avions l’ambition d’initier les Français et de faire de la pédagogie de l’économie. Soit nous n’avons pas été bons dans le message, soit c’était trop tôt encore en France. Toujours est-il qu’on a pas eu le grand public au nombre que nous souhaitions. Par contre la partie Business to Business a fait un tabac ainsi que le forum économique pour enfants. 

J’ai eu l’occasion de voyager dans le monde entier avec le Women’s Forum, et j’ai posé la même questions à tous mes interlocuteurs : « dans quel pays aimeriez vous vivre ? ». J’avais à peu près toujours la même réponse: en premier les Etats-Unis, avec le côté « mythe américain » et « pays de la liberté ». Le deuxième pays cité était la France.

Il y avait une telle admiration à l’égard de notre pays que j’avais droit à« vous avez tout, vous êtes le plus beau pays, vous avez les infrastructures, vous avez l’éducation, vous avez des multinationales magnifiques, vous avez des chercheurs mais vous avez les chauffeurs de taxis les plus insupportables et vous êtes les premiers consommateurs de psychotropes. Parlez nous de votre pays ». 

Forte de ce que j’ai entendu pendant tous ces voyages, j’ai décidé de créer les forums "Osons la France" afin de redorer l’image de notre pays.Une fois réalisée l’analyse des grands secteurs en mutation dans le monde (big data, TIC, environnement, service aux personnes), l’idée était d’avoir la plus grande représentation possible dans chacun de ces secteurs. Pour y arriver nous avons fait un appel à candidatures sur les réseaux sociaux, qui a généré à peu près 1200 dossiers. On accueilli 130 « bâtisseurs », et pour faire cette sélection, nous avons été soutenus par des organismes comme Paris Sciences et Lettres, Normale Sup, HEC, le Medef, le CEA, Saclay…. c’est à dire des institutions, des écoles.

Votre message, c’est que la France est un pays complexe qui se dévalorise en permanence et qui manque de confiance en lui ?

On a une capacité à se faire mal, à se voir en négatif, qui est terriblement sournoise et dangereuse parce qu’on ne mesure pas l’impact que cela provoque sur nous-même, sur nos enfants et petits-enfants. Quand on parle d’un pays qui ne va pas, et surtout de son propre pays, finalement on élève nos enfants dans l’idée que notre pays ne vaut pas le coup, cela explique beaucoup de choses.

Il faut changer de paradigme et inverser la façon de penser. Il faut dire à nos enfants : « oui allez à l’étranger, allez faire vos études, apprenez à parler anglais, chinois… puis revenez ». Ils reviendront si on leur fait aimer leur pays. Ils ne reviendront pas autrement. Nous adultes, société civile, avons une responsabilité qui est de faire aimer notre pays. C’est surtout pour ça que j’ai fait "Osons la France". car c’est terrible de ne pas aimer son pays, c’est terrible d’être aussi négatif en permanence.


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L'auteur : Luc Allain


Luc Allain Mes articles

Formation : Sciences Po Aix-en-Provence + M2 Journalisme politique à l'international

Participation à : Public Sénat, Lepetitjournal.com, La Provence, The Ground, Tv7campus, Tv7 Provence, Le cercle des économistes


Médias : Web, presse écrite, photo

Bio : Diplômé de Sciences Po Aix, j'ai d'abord travaillé sur les élections législatives et présidentielle pour les 2,5 millions de français expatriés. J'ai ensuite arpenté les couloirs du Sénat pour Public Sénat avant de travailler comme responsable éditorial d'un webzine à destination des étrangers francophiles, le tout saupoudré de piges. Photographe à mes heures perdues.