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Montebourg, héraut de la nouvelle France industrielle 2/2

Publié le 04 avril 2013 par Luc Allain | Economie & entreprises  
Le second volet du cycle de conférences « Les objets de la Nouvelle France Industrielle » s’est déroulé mardi 26 mars au Ministère des Finances à Bercy. Pour rappel, ce cycle de présentation au grand public a pour but de redonner confiance en présentant des innovations Françaises, produites en France avec l’aide de l’Etat. Après la médecine, les biotechnologies et l’automobile, cette deuxième édition était l’occasion pour trois nouveaux inventeurs français de présenter leurs travaux dans de nouveaux domaines : un drone civil, un processeur hyperpuissant de 3cm2, et une station de dépollution de l’air intérieur.

Faire la promotion de l’innovation française

 

Arnaud Montebourg, en charge de cette promotion, a mal débuté sa soirée, oubliant d’aller sur scène pour introduire la conférence, visiblement trop occupé à poser avec ses supporters en marinière pour les photographes. Toujours sur le même format, les intervenants commencent par présenter leur parcours personnel, avant d’évoquer la genèse de leur invention, en terminant par la mise en avant du rôle de l’Etat et des financements publics : « l’Etat a pris des risques à leurs côtés » explique ainsi le Ministre du Redressement Productif. L’exercice de communication est bien rôdé, et le message se répète au fil des interventions : la France est un terrain fertile pour l’innovation.

 

Un micro-processeur hyperpuissant de 3cm2

 

C’est l’entreprise Grenobloise Kalray fondée en 2008 qui ouvre le bal, avec la présence sur scène de son fondateur et PDG, Joël Monnier, ancien responsable R&D du géant STMicroelectronics. Il présentait un nouveau microprocesseur de 256 cœurs et quelques 3 milliards de transistors, capable de réaliser 500 milliards d’opérations par seconde et donc de révolutionner les applications embarquées  de petites séries en fournissant une puissance de calcul maximale pour une consommation minimale. Car, comme l’expliquait Joël Monnier, la principale difficulté réside dans les coûts de développement. « L’Iphone est produit au milliard d’unités dans le monde, et peut se payer des coûts de développement phénoménaux, chose que ne peut pas faire mon fabriquant d’électronique embarqué pour mon bateau, qui est produit au maximum à quelques milliers d’exemplaires. La barrière économique d’entrée est beaucoup trop forte ».

 

Une station de dépollution de l’air intérieur

 

Toujours dans le domaine des nanotechnologies appliquée cette fois-ci à la santé publique,  le second objet permet lui d’améliorer la qualité de l’air intérieur. Yves Bigay, PDG de Ethera, présentait sa station d'analyse et de dépollution de l'air intérieur. Et pour débuter, rien de mieux que d’interpeller le public avec une statistique choc : l’Homme respire 10kg d’air par jour, passe 90% de son temps en intérieur, dont l’air est 10 fois plus pollué que l’air libre. Pour analyser cette pollution intérieure, « les mesures se faisaient en posant des cartouches qui étaient envoyées dans un laboratoire pour faire une analyse, et on avait un résultat 15 jours après. C’était un acte complexe et coûteux explique Yves Bigay, sans compter le fait qu’il était difficile de trouver la source de pollution". Pour palier ces difficultés, Ethera propose donc une station qui analyse en temps réel la quantité et la source de la pollution et assainit l’air ambiant. Sur le principe d’un ethylotest, le filtre change de couleur en fonction de la quantité de pollution, grâce à des « nanoréacteurs » dont la superficie une fois dépliée atteindrait la taille d’un terrain de tennis. « Notre technologie est simple d’utilisation et de bas coût et nous la proposons au grand public » vante Yves Bigay, qui projette d’équiper les futurs bâtiments publics.

 

Un drone civil de 2kg

 

Benjamin Benharrosh, fondateur de Delair-Tech et diplômé de Polytechnique, achève cette deuxième

 conférence en présentant son drone civil de 2kg, dans un style volontairement humoristique. Maîtrisant le story-telling, il débute son intervention en présentant son histoire comme celle d’un remake du film 300 : « 4, c’est l’histoire de 4 ingénieurs sur diplômés, avec l’avenir tout tracé devant eux, qui, à 30 ans, décident de tout abandonner pour se lancer à la conquête d’un nouveau monde : le marché des drones ». Autonome, léger, peu cher et facile à déployer, ces petits drones ouvrent la voie à des missions de surveillance civile : survol de voies ferrées, de pipelines, de zones de catastrophes naturelles, transmission en temps réel de photographies aériennes. « On n’est pas des super-héros, mais ce qu’on a fait là, c’est à dire de concurrencer des grands groupes industriels sur des marchés qui semblaient à priori inaccessibles, c’est possible aujourd’hui. N’importe qui est capable de créer son industrie et de participer au renouveau industriel de la France » a conclu Benjamin Benharrosh.

 

« Dans ces 3 programmes, il y a eu l’Etat qui les a aidé d’une manière ou d’une autre. La leçon de ces trois histoires, c’est la leçon de ce que nous faisons tous les jours, partout dans tous les secteurs. L’Etat assume son leadership, soutient les entreprises innovantes, les finance » a conclu Arnaud Montebourg, un message clair à destination de ceux qui, faute d’avoir confiance en l’Etat comme soutien à l’innovation, seraient tentés par l’aventure à l’étranger. 



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L'auteur : Luc Allain


Luc Allain Mes articles

Formation : Sciences Po Aix-en-Provence + M2 Journalisme politique à l'international

Participation à : Public Sénat, Lepetitjournal.com, La Provence, The Ground, Tv7campus, Tv7 Provence, Le cercle des économistes


Médias : Web, presse écrite, photo

Bio : Diplômé de Sciences Po Aix, j'ai d'abord travaillé sur les élections législatives et présidentielle pour les 2,5 millions de français expatriés. J'ai ensuite arpenté les couloirs du Sénat pour Public Sénat avant de travailler comme responsable éditorial d'un webzine à destination des étrangers francophiles, le tout saupoudré de piges. Photographe à mes heures perdues.