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Montebourg, héraut de la nouvelle France industrielle 1/2

Publié le 03 avril 2013 par Luc Allain | Economie & entreprises  
-M-, C2C, la musique Made in France résonnait dans la salle de conférence du ministère de l’Economie mardi 19 février, en attendant que le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, fasse son entrée. C’est symboliquement sur la B.O de Rocky III que ce dernier montera sur scène pour entamer ce cycle de conférences destiné à redonner confiance dans les capacités d’innovation françaises. 

​Pour une 3ème révolution industrielle

Serrages de main, grands saluts de la main et sourire vissé aux lèvres, le Ministre entame la conférence de presse en rappelant les grands inventeurs français : de Pierre et Marie Curie à Jérôme Rota, inventeur du format de compression vidéo Dvix, le Ministre a loué les talents des cerveaux français. Sans cravate, Arnaud Montebourg martèle un message clair à son auditoire : la France dispose d’un véritable vivier de talents au service de l’innovation. Ce cycle de présentations, intitulé « Les nouveaux objets de la France industrielle », a pour but de montrer au grand public que la France dispose elle aussi de Samuel Colt en puissance, capables de faire basculer notre pays dans la « Troisième révolution industrielle » évoquée par le Ministre. En clair, il s’agit de redonner confiance aux Français au moment même ou la France subit de plein fouet une crise économique et de confiance.  
Un message au grand public 

Dans un show comparé par beaucoup aux « keynotes » de feu Steve Jobs, trois entrepreneurs étaient sous les feux des projecteurs. Gonzague Issenmann, directeur général de Stentys, entame sa démonstration. Sans notes, mais avec des projections vidéos sur écran géant, dans une approche volontairement pédagogique, ce dernier a présenté l’implant cardiaque révolutionnaire commercialisé par sa société : un stent – ou tuteur vasculaire – auto-apposant, qui s’adapte au diamètre de l’artère. Si sa société est aujourd’hui cotée en bourse sur le groupe Euronext, Gonzague Issenmann n’en oublie pas ses débuts : « Le premier financeur des start-up en France, ce sont les Assedic » lâche-t-il, histoire d’amuser un peu la galerie. 

Un message politique

C’est ensuite au tour de Philippe Pouletty, président et fondateur de Déinove, de faire son show pour une petite dizaine de minutes. Sur un ton léger, il revendique une politique de R&D vieille de 3 milliards d’années, allusion directe à l’âge de la bactérie déinocoque, au cœur de sa découverte. Cette dernière est en effet capable de produire du bioéthanol en utilisant des déchets de la biomasse. Si l’humour est de mise, l’entrepreneur n’en oublie pas pour autant la dimension politique de ce premier show, et en profite pour glisser un message au M. Made in France du gouvernement : «Il y a une réforme à faire : flécher 5 % de l’épargne des Français vers les jeunes entreprises innovantes ». 

Les grands groupes toujours capables d’innovation

Après ces deux présentations, destinées à prouver que l’on peut plus que jamais entreprendre et innover en
 France, c'est au tour de Patrick Oliva, directeur du développement durable de chez Michelin de faire la démonstration qu’un poids lourd de l’économie est toujours capable d’innover. La marque au bibendum travaille sur une nouvelle roue motrice, intégrant un moteur électrique, censée permettre des économies de carburant en réduisant le poids des véhicules et en améliorant leur aérodynamisme. 

En conclusion de la conférence, M. Montebourg est revenu sur la scène aux côtés des trois intervenants prendre la pose devant les photographes. Un cocktail loin du faste des orres de la République, rigueur oblige, a conclu la soirée.
Si l’opération communication d’Arnaud Montebourg a réussi, les entrepreneurs ont également adressé un message clair au gouvernement, l’appelant à des mesures en faveur de l’innovation.


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L'auteur : Luc Allain


Luc Allain Mes articles

Formation : Sciences Po Aix-en-Provence + M2 Journalisme politique à l'international

Participation à : Public Sénat, Lepetitjournal.com, La Provence, The Ground, Tv7campus, Tv7 Provence, Le cercle des économistes


Médias : Web, presse écrite, photo

Bio : Diplômé de Sciences Po Aix, j'ai d'abord travaillé sur les élections législatives et présidentielle pour les 2,5 millions de français expatriés. J'ai ensuite arpenté les couloirs du Sénat pour Public Sénat avant de travailler comme responsable éditorial d'un webzine à destination des étrangers francophiles, le tout saupoudré de piges. Photographe à mes heures perdues.