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Quelques idées pour votre walkman

Publié le 28 mai 2012 par Camille Larbey | Culture  
Le gratuit Longueur d'Ondes vient de fêter ses 30 ans. 30 ans de défense des petits, des artistes en développement, autoproduits et quelque peu ignorés des grands médias. Cinq chroniques musicales extraites du dernier numéro. 
Klink Klock
« EP »
Le nom claque comme le battement d'une vielle comtoise déréglée. Klink Clock se compose d'Aurélien à la guitare et de Jennie, à la demi batterie. « Un puzzle à deux pièces, le sel et le poivre, une serrure, une clé », résume le duo. Une équation somme toute simple mais d'une efficacité rock mathématique. Leur premier EP dévoilait un son crunchy et une grande force de percussion imparable. Leur spontanéité se retrouve jusque dans le processus de composition : « Rien n'est écrit,  on n'hésite pas à prendre l'instrument de l'autre, et on compose aussi bien avec un ordi qu'avec deux voix, deux canettes de bières, et deux baguettes. On a chacun nos sources d'inspirations : Jennie a un univers beaucoup plus visuel et palpable, Aurélien est beaucoup plus dans l'écriture et le vaporeux. » Sur scène, Klink Clock sont renforcés par deux personnages masqués : « Ils ont la lourde tâche d'être choristes et multi-instrumentistes aveuglés en étant enfermés dans une sphère de watts ouatés ! ». Le duo devrait sortir en avril un LP en vinyle et compte bien écumer les salles en France. Klink Clock impatient ? Non, juste décalé : « On pense beaucoup à cette pendule, ce temps qui nous est imposé mais qui n'est pas  forcément calé avec l'horloge de chacun. »



Fiodor Dream Dog
« Second of Joy »
Depuis 15 ans Tatiana prête main forte à d'autres artistes en tant que batteuse. Avide de défis, elle a participé à la tournée d'un spectacle de danse où elle accompagnait - derrière ses fûts - la chorégraphie, dans une improvisation totale. Mais il y a 4 ans, germe l'envie d'échappée solo : « Un ami avec qui j'ai collaboré sur un spectacle de danse m'a offert une guitare, dont je ne savais pas du tout jouer. J'ai appris quelques accords et là, harmoniquement, tout s'est ouvert à moi. » Le projet Fiodor Dream Dog prend alors forme. En 2009, elle dévoile sur son premier LP, « I lose things », une collection étincelante de morceaux pop, en anglais s'il vous plaît car langue de Shakespeare a des vertus « physique » et « sensuelle ». Sorti très récemment, le deuxième album « Second of joy » distille un songwriting riche en nuance et sensibilité . « J'ai eu envie de plus épurer sur le second album, mais c'est apparemment raté car on m'a souvent dit qu'il était plus fournit ! », s'amuse Fiodor. Les plans de carrière réfléchis et prémédités, très peu pour elle : « J'ai l'impression de suivre une route, qui est assez sinueuse. » Peu importe les tours et détours de Fiodor, cela vaut la peine de l'accompagner.


Caravan Palace
« Panic »
Ceux qui étaient fâché avec l'électro-swing de Caravan Palace le resteront à l'écoute de ce deuxième album. Ceux qui ont guinché sur « Jolie coquine » ou « Suzy », du premier album éponyme, seront ravis de retrouver leur came. Rien de neuf sous le soleil ? Si, quand même ! Dans « Panic », les Caravan Palace, bien qu'ils ont gardé la même formule gagnante, ont affuté leur électro. Le chant semble toujours sorti d'un phonographe un peu déglingué mais les morceaux gagnent en amplitude et en profondeur. Concrètement, la production se révèle plus subtile, l'album fourmille de petits détails électroniques. Le constat est plus marquant sur les titres lents comme « Maniac », « 12 Juin 3049 », « Glory of nelly » et « Cotton Head ». « Panic » n'oublie pas les auditeurs qui ont des fourmis dans les jambes. « The dirty side of the street » et « Clash » restent des scuds lâchés pour le dancefloor.

Egyptology
"The skies"
Souvenez-vous, le début de "Blade Runner" : plan sur un œil bleu où se reflète une ville futuriste dont les cheminées crachent des geysers de feu, accompagné par la musique de Vangélis. Cette image imprimera à jamais la rétine des cinéphiles et la B.O. inspirera une génération de musiciens. A l'instar du film, Egyptology (duo formé d'Olivier Lamm et Stéphane Laporte) a fait des synthétiseurs et du rétro-futurisme un univers à explorer, définir, contenir. Mieux qu'un tour d'horizon revisitant un passé jugé vintage ou kitch selon, « The skies » est un tour de force aussi créatif qu'audacieux : une œuvre intemporelle, brassant kraut, new age, techno, nu-disco, et la liste continue... L'auditeur s'abandonne progressivement dans les nappes de synthés, les boucles rythmiques et les mélodies cyberpunk. Vangélis a eu son "Blade Runner", vivement le jour où un film sera tourné à la démesure d'Egyptology.  

Oxia
"Time of mind"
Huit ans avant que le producteur électro Oxia (Olivier Raymond, pour l'État civil) livre la suite de « 24 Heures », son premier album. Huit longues années où il égraina ses EP's par-ci, par-là, sur de prestigieux labels comme Kompakt, Tsuba ou 8bit. Et le résultat est à la hauteur de notre attente. "Tides of mind" nous entraîne, dans un ressac implacable, vers les abysses bleutés d'une deep tech racée. Après les prémices électro jazz de "Rue Brusherie", nous voilà plongés dans les profondeurs techno de "Housewife". Dérivations house ("Flying over time", "Lattitude") ou complainte mélancolique ("Sway"), les titres s'enchaînent avec la même élégance. À aucun moment la mélodie n'est sacrifiée sur l'autel de la rythmique. Un album vaste et soigné, aussi appréciable par les puristes que par les curieux qui souhaiterait se familiariser avec le genre. Une belle réussite !

 


Camille Larbey Chroniques publiées dans le n°63 de Longueur d'Ondes
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L'auteur : Camille Larbey


Camille Larbey Mes articles

Formation : Master d'Histoire, spécialisé dans le Cinéma allemand.

Participation à : Le Parisien, Metronews, Rue89, Technikart, L'Expansion, La Gazette Drouot, So Film, Le Nouvel Obs, Détours, The Drone, Gonzaï, StreetPress, Bien-dire, Vice, Vocable, Social Media Club, Ithaac, Longueur d'Ondes, La Gazette de Berlin, Écoute, World Photo Report, Rockcover, Evous.fr, Smart.

Berlin, mise en scène. publié chez Espaces & Signes.


Médias : Presse écrite, WEB.

Bio : Cultures