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La Galcante : paradis des "papivores"

Publié le 28 mars 2014 par Camille Larbey | Culture  
Portrait pour le lectorat Allemand d'une petite librairie parisienne unique en son genre.


Au numéro 52 de la rue de l'Arbre-Sec, à Paris, se trouve un musée de la Presse doublé d'une librairie atypique, spécialisée dans les journaux et documents anciens. Une mine d'or pour les collectionneurs et les curieux de tous bords. Christian Bailly, fondateur du musée de la Presse, était un historien et journaliste surnommé " la mémoire de la presse française ". Ce grand collectionneur, décédé en 2002, avait un rêve : rendre les publications anciennes accessibles à tous. C'est dans ce but qu'ouvrit en 1975 la Galacante - contraction des mots " galerie " et " brocante ". Aujourd'hui, cette librairie est la première société française est la première société française de vente de publications anciennes et a, en stock, pas moins de sept millions d'exemplaires. Lorsque le visiteur y pénètre, il se trouve cerné de toute parts par mes des journaux, revues et catalogues empilés du sol au plafond. Et ceci n'est que la partie visible de l'iceberg : l'essentiel des fonds dort en effets à l'abri des regard dans 1200m2 d'entrepôts.

Un travail de fourmi
Où la Galcante trouve-t-elle tous ces vieux journaux ? " 95% du temps, ce sont des gens qui se débarassent de leurs vielles collections ", répond Jack Kuzma, le gérant. Ce dernier est d'ailleurs prêt à traverser la France pour acquérir une simple pile de vieux Paris Match en bon état. Et pour s'approvisionner en publications actuelles, la Galcante a plus d'un tour dans son sac : en plus de ses divers abonnements, elle peut compter sur des amis et voisins fidèles qui, leurs revues ou journaux une fois lus, les donnent à la librairie.
Il faut ensuite les trier. " Un travail de fourmi pour une tâche pharaonique ", précise Jack Kuzma. Les quotidiens sont rangés par date, tandis que les hebdomadaires et les mensuels le sont pas titre. Si un journal est disponible en plusieurs exemplaires, il rejoint un archivage thématique : par zone géographique, type de sport, corps de métier, personnalité politiques ou du cinéma... Vous êtes un admirateur de Jean-Paul Belmondo ? Un tiroir entier dédié à l'acteur vous attend ! On y découvre même les revues qui n'existent plus aujourd'hui parlant de la vedette, comme Ciné-monde, Ciné revue  ou encore France Soir Magazine.
Selon Jack Kuzma, les clients qui franchissent les portes de la Galcante se répartissent en trois catégories. Le " particulier " souhaite généralement offrir à un proche le " journal anniversaire ", c'est-à-dire un titre paru le jour de sa naissance. Le " collectionneur ", lui, est un papivore toujours à la recherche de la perle rare. Enfin, les plus nombreux sont les " pros ". Parmi eux, il y a l'avocat qui souhaite examiner un article précis pour l'un de ses dossiers, mais aussi la bibliothèque nationale de France qui veut compléter son propre fonds, la boîte de production qui a besoin de d'illustrer un documentaire ou le grand couturier qui parcourt les illustration des années 30 afin de se remémorer les tendances vestimentaires de l'époque. Sans oublier les accessoiristes de cinéma et de théâtre qui, eux, ont besoin d'objets authentiques, témoins d'un temps révolu : un calendrier des Postes de 1960, un annuaire de la Seine-et-Marne de 1973, une facture d'électricité des années 50, un vieux passeport... Tout cela, la Galcante l'a !

Zola et Picasso
Les publications disponibles remontent pour certaines à plus de 200 ans. " On s'est fixé une date de départ dans nos archives : la Révolution. Car on a pratiquement rien avant cette période-là " , explique Jack Kuzma. En tête des pépites recherchées par les collectionneurs se trouve le journal L'Aurore, daté du 13 janvier 1898 et célèbre pour avoir publié J'accuse... ! d'Émile Zola. La Galcante l'a eu plusieurs fois en sa possession. Il se revend, selon l'état de conservation, entre 500 et 3000 euros. Moins célèbre mais tout aussi convoités, les dessins de Picasso réalisés spécialement pour la presse.
Le 20 septembre 1953, le peintre dessina notamment la Sardanne de la Paix sur une table du Grand Café de Céret (Languedoc-Roussillon) et l'offrit à ses camarades communistes pour leur journal hebdomadaire Le Travailleur Catalan. " Cet exemplaire est rarrissime car c'était un tirage local, donc très compliqué à retrouver ", précise le libraire. Avant de déclarer, un peu rêveur : " Si je le trouve un jour, je l'encadrerait ! "


Camille Larbey
Article publié dans Écoute, avril 2014
 
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L'auteur : Camille Larbey


Camille Larbey Mes articles

Formation : Master d'Histoire, spécialisé dans le Cinéma allemand.

Participation à : Le Parisien, Metronews, Rue89, Technikart, L'Expansion, La Gazette Drouot, So Film, Le Nouvel Obs, Détours, The Drone, Gonzaï, StreetPress, Bien-dire, Vice, Social Media Club, Ithaac, Longueur d'Ondes, La Gazette de Berlin, Écoute, World Photo Report, Rockcover, Evous.fr, Smart.

Berlin, mise en scène. publié chez Espaces & Signes.


Médias : Presse écrite, WEB.

Bio : Cultures