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Sexy Sushy : Plus c'est con, plus c'est bon

Publié le 24 juin 2013 par Camille Larbey | Culture  
S'il est admis l'existence de trois degrés dans l'humour, les Sexy Sushi manient le 300e degrés. Celui où l'huile, après avoir bouilli à 160, s'enflamme spontanément. Toujours en forme, toujours aussi charmants, ils reviennent plus irrévérencieux que jamais.
Pour les présentations, Sexy Sushi est un duo d'alien(é)s en activité depuis 2003, composé de Rebeka Warrior (Julia Lanoë dans la vraie vie, également moitié de Mansfield TYA) et Mitch Silver (David Grellier pour l'état civil, membre du collectif électro Valery sous le nom de College). Impossible de savoir comment ils se sont connus, il existe autant de versions que d'interviews. La particularité des Sexy Sushi est que l'on ne sait jamais s'ils racontent du lard ou du cochon. C'est probablement les deux, ou de l'andouillette. Demandez-leur comment définir leur style musical, ils répondront "techno française". Mais si vous leur reposez la même question, la réponse varierait à l'infini : "transe-techno", "maquina", "chanson à texte", "électro cheval-pute", etc. Pour ceux qui ne connaissent pas du tout, Sexy Sushi est grosso-modo un mélange made in Groland entre Le Tigre et les Béru. On y trouve du cul, de l'amour, de l'hormone, du foutage de gueule et des texte parfois inaudible. Leur musique, c'est la relâche.

Leur nouvelle livraison s'appelle Vous n'allez pas repartir les mains vides. C'est, selon eux, "l'album de la maturité", mais ils avaient déjà dit cela du précédent et diront pareil du suivant. Et celui d'après, puis certainement pareil du futur best of. Vous n'allez pas... est un double album. "Ils sont quasiment les mêmes mais légèrement différents" explique la chanteuse. Il y a celui de Rebeka, intitulé Si tu pars passes cette porte je te coupe les vivres, et celui de Mitch, sobrement nommé MS MIX. D'ailleurs, chacun avoue n'avoir jamais écouté l'album de l'autre. À l'heure de la rentabilité imposée, cette double galette n'est même plus un pari osé, mais relève du suicide industriel. Et pour être sûr que Vous n'allez pas... ne se retrouve en tête de gondole, le duo a choisi une jaquette assez moche, sur laquelle ils portent un masque de mi-Schtroumpf, mi-Shrek.

Il n'y a pas d'invité dans les morceaux car "personne ne veut collaborer avec nous. Et c'est chiant les featurings, il y a des gens qui ne font des disques qu'avec des featurings, c'est pénible". Quand certains artistes français (pas de noms s'il vous plait) croquent le quotidien en chanson, les Sexy Sushi, eux, le mâchouille, le déglutissent puis le régurgitent avec un filet de bave. Sale mais drôle. Et quand certains chanteurs (toujours pas de nom) racontent dans leurs morceaux qu'ils aimeraient bien jouer au scrabble avec Isabelle Huppert les dimanches après-midis de pluie, les Sexy Sushi énumèrent, dans 1000 morceaux (et bon vent), la liste des personnalités qui leur filent des boutons. Là, autorisation de citer quelques noms : Boutin, Bardot, Obispo, Bieber, Cotillard, etc.

Voilà dix ans que les Sexy Sushy sont dans le circuit. Coté technique, rien n'a changé, Mitch est toujours un derrière un ordinateur. Il trouve que Rebeka s'est amélioré : "Elle chante mieux". Comparé à leur débuts, le quotidien semble plus agréable puisqu'en tournée ils peuvent enfin demander des "chambres garnies" et des "café très forts". Après explications, il s'agit de mots de passe utilisés dans les riders pour avoirs quelques putes dans sa chambre d'hôtel et son sachet de poudre dans la loge. "Une fois, on avait marqué 100 grammes de farine sur notre rider, car on a parfois des rites un peu spéciaux. J'avais dû mal noter et écrire 1 ou 10 grammes. La salle nous a retéléphoné pour savoir si c'était pas un nouveau code pour une nouvelle drogue, alors qu'on demandait réellement un paquet de farine !"

À propos des concerts, Rebeka déplore l'omniprésence des barrières de sécurité devant les scènes : les gens se font écraser contre et elles sont si éloignées de la scène que la chanteuse ne peut faire de slam, à moins de tomber dans la fosse. Sans compter les 23 vigiles "qui amènent plus de tensions que ça peut en résoudre", ajoute Mitch. Les Sexy Sushi vont maintenant défendre (ou attaquer ?) Vous n'allez pas repartir les mains vides lors d'une tournée à travers toute la France. "J'avais un plan marketing. Cela va s'appeler "Le dernier tour", histoire d'ameuter plein de gens", explique Rebeka, avant de conclure : "Cet album est un flop, je voulais l'appeler comme ça d'ailleurs."



Article publié dans le N°63 Printemps 2013 de Longueur d'Ondes.
Camille Larbey
 
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L'auteur : Camille Larbey


Camille Larbey Mes articles

Formation : Master d'Histoire, spécialisé dans le Cinéma allemand.

Participation à : Le Parisien, Metronews, Rue89, Technikart, L'Expansion, La Gazette Drouot, So Film, Le Nouvel Obs, Détours, The Drone, Gonzaï, StreetPress, Bien-dire, Vice, Vocable, Social Media Club, Ithaac, Longueur d'Ondes, La Gazette de Berlin, Écoute, World Photo Report, Rockcover, Evous.fr, Smart.

Berlin, mise en scène. publié chez Espaces & Signes.


Médias : Presse écrite, WEB.

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