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Le tour du monde des tours de télévision.

Publié le 04 juin 2011 par Camille Larbey | Culture  
Le musée allemand d’architecture, à Francfort sur le Main, propose une exposition sur les enjeux politiques et architecturaux qui se cachent derrière les tours de télévision. Occasion de découvrir ces édifices relativement étrangers à la France.
Télescopage historique, la Fernsehturm de Berlin fête ses 40 ans, le jour de la fête nationale du pays. De son coté, le Deutschen Architekturmuseum, à Frankfort sur le Main, organise une exposition sur les tours de télévision à travers le monde : Fernsehtürme, 8559 meters politics and Architecture. Les 8559 mètres représentent la taille cumulée de 25 tours de télévision travers le monde. Berlin, Moscou, Vilnius, Riga, Brasilia, depuis près de 50 ans, les grandes villes se dotent d’émetteurs de télévision. L’exposition étudie les grandes lignes architecturales qui se dégagent. Du tout béton moscovite au tout acier tokyoïte, du futurisme barcelonais au traditionalisme d’Achkhabad, chaque édifice développe une esthétique en accord avec les enjeux politiques de son temps. Plus qu’une antenne émettrice, une tour sert à magnifier une ville ou un pays, légitimer un régime ou faire tabula rasa du passé. Son identité est fluctuante dans le temps. A la suite du conflit irakien, en 2003, et lors de la chute du régime en place, la « Saddam Hussein International Tower » est renommée la « Baghdad Tower ». La Fernsehturm berlinoise, bilboquet géant, auparavant incarnation de la performance technique du régime communiste est aujourd’hui le symbole d’une ville technoïde. Enfin, aucune autre tour de télévision n’a été autant détruite que la « TV Tower de Tokyo »... dans les films de monstres japonais : King-Kong, Godzilla ou Guidrah, le monstre à trois têtes s’en sont donné à cœur joie !

Si l’exposition fait la part belle aux édifices asiatiques, elle s’arrête sur les tours de télévision de Stuttgart et de Berlin. Car c’est à Stuttgart que commence, en 1957, la grande histoire des tours de télévision. Il était d’usage, pour les antennes émettrices, d’élever un simple pylône en acier. Malgré les réticences de la ville, l’architecte Fritz Leonhard érige une aiguille en béton de 217 mètres surmontée d’une plateforme utilisée à des fins touristiques (vue panoramique, restaurant). La « Suttgarter Fernsehturm » devient rapidement l’emblème de la ville et amorce une longue histoire d’amour entre l’Allemagne et ses tours de télévision. Aujourd’hui, 10 Fernsehtürme culminent à plus de 240 mètres. La plus élevée et la plus célèbre est celle de Berlin avec ses 368 mètres. Elle est désormais l’icône d’une capitale tournée vers le futur, une griffe qui s’affiche sur les vêtements, une dame que l’on habille lors des grandes occasions: en 2006, tandis que l’Allemagne accueille la coupe du monde de football, le globe de la « Berliner Fernsehturm » aborde les motifs d’un ballon de foot. Prouesses techniques, édifices porteurs d’un regard tourné vers l’avenir, les Fernsehtürme allemandes se sont imposées comme l’expression technophile d’un pays.



 Sur des chaussures ou en ballon de foot, la "Berliner Fernsehturm" ne cesse de se décliner.

Camille Larbey
Article publié dans La Gazette de Berlin, le 06/10/09
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L'auteur : Camille Larbey


Camille Larbey Mes articles

Formation : Master d'Histoire, spécialisé dans le Cinéma allemand.

Participation à : Le Parisien, Metronews, Rue89, Technikart, L'Expansion, La Gazette Drouot, So Film, Le Nouvel Obs, Détours, The Drone, Gonzaï, StreetPress, Bien-dire, Vice, Social Media Club, Ithaac, Longueur d'Ondes, La Gazette de Berlin, Écoute, World Photo Report, Rockcover, Evous.fr, Smart.

Berlin, mise en scène. publié chez Espaces & Signes.


Médias : Presse écrite, WEB.

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